lundi, 23 juillet 2018

Paillage et compostage

  • Catégorie : Travaux
  • Publication : mercredi 20 février 2013 15:03
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M. GOUNOT, Maître composteur

LE PAILLAGE :

Le paillage consiste à recouvrir le sol avec les déchets verts du jardin, permettant de les recycler. Le paillage : 

-  Evite l’installation de mauvaises herbes 
-  Limite les arrosages à effectuer (réduit l’évaporation et permet à l’eau de mieux pénétrer) 
-  Protège le sol et les plantes du gel 
-  Permet de garder fraises et légumes propres

 

Q : Avec quoi peut on pailler ?

R : Cela dépend des saisons ! Feuilles mortes en automne et hiver, tontes de pelouses (séchées) au printemps et en été, petites tailles opérées lors du nettoyage de votre jardin (arbustes, haies, tiges de fleurs)

 

Q : Peut-on utiliser n’importe quelles feuilles ?

R : On peut dire que oui sauf les cyprès, les thuyas, les noyers et la rhubarbe. Pour les feuilles larges, épaisses et/ou vernissées, elles constituent un excellent paillis de longue durée (cette qualité les rend impropres à être utilisées en grande quantité dans le compost)

 

Q : Peut-on pailler avec des feuilles mortes malades ?

R : Oui mais avec quelques précautions ! On n’utilisera pas de feuilles ou tailles de rosiers atteints de la maladie de la tâche noire pour pailler ces mêmes rosiers. En revanche, on pourra les utiliser pour pailler d’autres plantes, de préférences éloignées des rosiers. C’est ce que l’on nomme la « rotation des paillis », les maladies étant liées à un type de plante déterminé (Ainsi l’oïdium du pommier est différent de l’oïdium du chêne)

Toutes les feuilles se décomposent, nourrissent les plantes en se transformant en humus et dans la nature personne ne fait le tri !

Si vous ne souhaitez pas procéder ainsi, vous pouvez mettre les feuilles malades dans le compost.

 

Q : Doit on enfouir le paillis ?

R : Non, il doit être laissé en surface surtout s’il s’agit de feuilles mortes ou de copeaux de bois (qui pomperaient l’azote du sol, créant une « faim d’azote » préjudiciable à vos plantes).

 

Q : Comment bêcher la terre recouverte de paillis ?

R : Pour les plantes pérennes (vivaces, arbres ou arbustes fruitiers, rosiers etc….), avec la technique du paillage, il n’est plus nécessaire de bêcher le sol : Il suffit de rajouter du paillis pour compenser celui qui s’est transformé en humus.

Pour le potager et les fleurs annuelles, il conviendra de ratisser le paillis avant de griffer ou bêcher le sol. Selon son état, étalez à nouveau le vieux paillis ou mettez-le au compost.

 

Q : Que faire pour maintenir en place mon paillis de feuilles mortes ?

R : Le vent peut effectivement disperser un paillis de feuilles mortes. Voici quelques astuces pour éviter cela : 
- Pour les plus courageux : décaisser le massif de quelques centimètres. 
- Broyer les feuilles larges pour diminuer la prise au vent (utiliser la tondeuse) 
- Recouvrir le paillage de feuilles par une mince couche de branchettes sèches.

 

Q : Quelles précautions prendre pour pailler avec des tontes de pelouses ?

R : Veillez à faire sécher les tontes de pelouses 1 jour ou deux avant de les utiliser pour le paillage des jeunes plantes (risque de pourriture au niveau du collet). Epaisseurs de paillage : 3 cm maxi pour des tontes peu sèches, et jusqu’à 10 com pour les tontes que l’on aura pris le temps de bien sécher.

 

 

LE COMPOSTAGE :

C’est la reproduction d’un processus naturel qui permet de décomposer les déchets organiques (déchets verts et de cuisine) puis de les recomposer pour former un produit très nutritif pour les plantes, proche de l’humus.

Cette transformation est le fruit de l’action d’êtres vivants dont le développement demande de l’eau, de l’air et une température propice à leur action.

Il s’agit de micro-organismes (bactéries, levures, champignons microscopiques), d’insectes (larves de coléoptères, larves de moucherons et de mouches), acariens, cloportes, petits vers rouges (Esenia fetida).

Si le mélange carbone/azote est correct et que les déchets apportés dans le composteur sont bien mélangés (penser à broyer), très rapidement (3 semaines environ) on ne pourra déjà plus identifier les composants.

 

Q : Comment remplir son composteur ?

R : L’idéal est de poser le composteur a même la terre que l’on griffe (prélever une pelletée de terre). Faire une première couche (10 cm environ) de produits secs (branchages, brindilles, feuilles mortes si possible broyées). Commencer à remplir le composteur avec les déchets du jardin et de la cuisine. Lorsque l’épaisseur atteint une trentaine de centimètres, ensemencer avec la pelletée de terre prélevée, ou un peu de terreau de forêt ou de vieux compost. Bien mélanger ces premiers apports. Penser à arroser.

 

Q : Comment se déroule le processus de compostage ?

R : Dans un premier temps, les éléments apportés dans le composteur vont être décomposés par des micro-organismes (bactéries, levures, etc.). Cette phase peut s’accompagner d’un dégagement de chaleur. Lorsque celui-ci aura pris fin, les « recomposeurs » (vers rouges, larves, moucherons etc.) interviendront.

Le compost est utilisable après 4 à 6 mois de transformation.

Le compostage réduit le volume des matières de 80 à 90 %, de sorte que votre composteur ne sera sans doute jamais plein.

Surveiller l’avancement du processus de compostage en ouvrant la trappe inférieure de votre composteur.

Il est difficile pour un particulier non expérimenté de déterminer l’état de mûrissement de son compost. C’est pourquoi nous vous conseillons de ne pas enfouir le compost, mais de l’utiliser comme un paillage, surtout au printemps au pied des plantes exigeantes : rosiers, tomates, pommes de terre, framboisiers, fraisiers (Recouvrir ensuite de paillage)

.http://www.sictom-chateauneuf.fr/Le-Paillage-et-le-Compostage-Foire.html

 

Q : Quand et comment mélanger ?

R : Idéalement il faudrait mélanger chaque apport nouveau dans le composteur avec les produits déjà contenus et formant la première couche (10 cm environ) : cette manipulation permet d’ensemencer en bactéries les apports nouveaux au lieu d’attendre qu’elles se propagent d’elles-mêmes. Une fourche est l’outil idéale. Pour un résultat parfait : mélanger à la fourche avant et après chaque nouvel apport.

 

Q : Quand et comment aérer ?

R : Le fait de mélanger à chaque apport constitue déjà une bonne aération. On peut améliorer l’oxygénation faisant des trous avec un bâton, un fer à béton, dans l’épaisseur des produits en cours de compostage (1fois par quinzaine).

 

Q : Peut on composter des fruits et/ou légumes traités ?

R : S’ils étaient présents en grande quantité, les produits de traitement pourraient perturber le processus de compostage. A faibles doses ces produits se dégradent tout de même. Eviter de mettre en une seule fois dans votre composteur une quantité trop importante de fruits ou légumes traités (non cuits)

 

Q : Quelles précautions pour les plantes malades ?

R : Là encore, il n’y a pas de crainte à avoir si ce sont de petites quantités. La première phase du compostage détruit la plupart des germes et des graines ; en effet, la température à l’intérieur du composteur peut dépasser les 50°C.

 

Q : Quelles sont les plantes à ne pas mettre dans le compost ?

R :Certaines plantes ont des propriétés fongicides, insecticides et herbicides : c’est le cas du thuya, du cyprès,. Il ne faut donc absolument pas en mettre dans le compost.

En revanche, broyés, les coupes et tailles de ces plantes constituent un excellent paillis à utiliser pour les allées, les arbustes, les haies.

Ne pas les utiliser pour les plantes dont les racines sont proches de la surface du sol (plantes de terres de bruyère).

A noter que les feuilles du Noyer sont herbicides. Celles de la rhubarbe sont insecticides.

 

Q : Peut-on utiliser les aiguilles de pin ?

R : Leur décomposition dans le compost est très lente. Très acides, elles peuvent entraver le processus du compostage. Mieux vaut les utiliser pour pailler les plantes de terre de bruyère.

 

Q : Que faire des racines et des plantes à graines ?

R : En ce qui concerne les graines, si la température du compost monte assez, on peut les placer dans le composteur. Si l’on a un doute, mieux vaut les mettre à tremper plusieurs jours dans un seau d’eau : elles seront rendues inactives.

Pour les racines, il convient de les laisser sécher quelques jours avant de les placer dans le composteur.

Compostage : quelles sortes de déchets ?

- Déchets de cuisine

Les graines de cucurbitacées (melon, courge, courgette, potiron) ne sont pas détruites lors du compostage. Il en est de même pour les graines de tomates. Tout cela se retrouve ensuite disséminé dans le jardin, pouvant constituer de bonnes surprises !

En quantité raisonnable (consommation familiale), les peaux d’agrumes peuvent être compostées. Veiller à bien les mélanger aux autres apports du compost. Ne pas les laisser se déshydrater.

A la condition d’en mettre très peu dans le compost et de bien les enfouir, les déchets de poisson, de produit laitiers peuvent être placés dans le compost. Recouvrir et mélanger évite l’apparition de mauvaises odeurs et d’attirer des nuisibles (rongeurs).

Les mêmes précautions sont à prendre avec les plumes, poils et viscères de volaille, lapin et petit gibier.

Les coquilles d’œufs et de moules peuvent être incorporées directement dans le composteur.

Les coquilles d’huitres doivent être broyées : elles sont riches en calcium, phosphore et sels minéraux. Il en est de même pour les os qui peuvent être incinérés dans la cheminée pour faciliter leur broyage.

Les coquilles de noix se compostent mais très lentement : les broyer si possible.

La décomposition des résidus de broyage de pomme et de raisin est lente. A mettre en quantité limitée dans le composteur ou le tas.

Vous pouvez composter les essuie-tout et les filtres à café, mais attention aux papiers imprimés : Peu de crainte pour le papier journal en petite quantité. Attention cependant, les encres, surtout de couleur contiennent de nombreux produits chimiques.

- Déchets de la maison : Vous pouvez de temps en temps apporter une poignée de cendre de bois dans le composteur. Cela apportera un complément de chaux, de potasse et de sels minéraux. Vous pourrez faire des apports plus importants lorsque le compost est arrivé à maturation.

Ne pas utiliser de cendres de charbon qui contiennent des goudrons, ni de suie de cheminée.

Vous pouvez composter de la sciure ainsi que des copeaux fins de bois naturels (pas d’aggloméré ou contreplaqué qui contiennent des colles). Lors d’un apport de ce type, compenser l’excès de carbone par un apport important de déchets verts.

A l’inverse, apporter de la sciure et des copeaux fins si vous verser des quantités importantes de tontes de pelouse dans le composteur.

 

Q : Faut-il utiliser un activateur de compost ?

R : C’est inutile si vos apports dans le composteur sont équilibrés (azote/produits verts et carbone/produits bruns). Vous pouvez utiliser du purin d’ortie. L’urine est un activateur naturel du compost !

 

Problèmes de compostage et solutions :

Compost trop humide = mauvaises odeurs :

Penser à surveiller l’humidité dans votre composteur (sensation de toucher une éponge humide).

Trop humide, les éléments en cours de compostage dégageront une odeur putride d’ammoniac. C’est aussi le signe d’un excès de produits azotés et/ou d’une mauvaise aération.

Ouvrir le composteur, rajouter des matières sèches au mélange, recharger le composteur.

Si le compost est en tas : retourner le tas pour l’aérer, rajouter des matières carbonées sèches. Présence de moucherons, d’asticots ? :

Ces petits vers sont des larves de mouches et moucherons qui contribuent activement au phénomène du compostage. En fait ce serait plutôt bon signe. Pour les éviter, penser à enfouir les apports de déchets de cuisine frais (en particulier les fruits). Pour s’en accommoder : ouvrir le couvercle du composteur, attendre quelques instants pour les moucherons s’envolent avant de s’approcher du composteur.

Présence de champignons, de cloportes (en grandes quantités), fourmis :

Votre compost est trop sec et/ou trop pauvre en azote.

Veillez à une bonne humidification. Ajouter du purin d’orties.

Présence de grosses larves blanches :

Il s’agit non pas de hannetons mais de Citoine dorée, un bel insecte qui adulte a une superbe carapace vert métallisé. Ces larves ne mangent que du bois mort, l’adulte se nourrit de pollen : aucune crainte donc pour les fruits et légumes du jardin. Ne les détruisez pas.

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